Archive Signes, présages, augures et autres manifestations du divin
Lu sur le site www.lefigaro.fr le 27/01/2014 (Lâchées pour la paix en Ukraine, les colombes du pape attaquées dans le ciel romain):
"Les superstitieux verront sans nul doute dans cet aléa de la vie sauvage un mauvais présage quant à l'évolution des événements en Ukraine. Deux colombes, symboles de la paix, ont été lâchées dimanche du balcon du palais apostolique de la place Saint-Pierre par deux enfants, lors de la prière dominicale du pape François. Dans une scène qui a fait le tour du monde, les volatiles ont été attaqués, dès le départ du Saint-Père et des enfants, par un goéland et un corbeau. La colombe aux prises avec le goéland a réussi à se dégager en perdant quelques plumes au passage. Mais sa comparse malmenée par le corbeau a dû subir plusieurs coups de bec avant d'échapper à son prédateur". L'article se termine ainsi: "Le duel aérien entre les colombes et leurs assaillants a marqué les esprits. «Si quelque chose de terrible survient, on ne pourra pas dire qu'il n'y avait pas des signes avant-coureurs», commente leNew York Magazine qui titre «Des oiseaux de toute évidence diaboliques attaquent les colombes pacifiques du Pape»".
On se doute que le journaliste américain qui parle "des oiseux de toute évidence diaboliques" le fait pour plaisanter, de même que l'idée d'un "mauvais présage" de l'article français. En tout cas, cela nous donne l'occasion de clarifier un point particulièrement important de l'Ancienne Tradtion européenne. Pour nous polythéistes européens, les signes, présages, augures et autres manifestations naturelles de la divinité font partie intégrante de la relation entre l'homme et le divin. Au contraire de toutes les religions monothéistes qui condamnent avec la plus grande violence les pratiques divinatoires quelles qu'elles soient, l'Ancienne Tradition européenne a toujours eu recours à cette partie certes assez étrange de ce que l'on pourrait appeler la science sacrée.
Il n'est pas besoin de rappeler dans les détails (on le fera dans un prochain billet) que les Romains pratiquaient la science augurale par l'observation attentive du vol des oiseaux ou de leur comportement (ils auraient été gâtés dans ce cas!), que les Germains pratiquaient la divination par les Runes, les Celtes par les Oghams et que les Grecs consultaient les Pythies dans les sanctuaires d'Apollon. Toutes ces pratiques procèdent de la même croyance dans la possibilité d'établir un contact direct avec la divinité et sa volonté par le biais de ses manifestations naturelles. C'est une des différences essentielles entre notre Tradition et les religions monothéistes qui ne visent pas à une communauté entre les hommes et les dieux, mais à une soumission des hommes à un dieu unique.
Si l'on examine (avec la prudence requise par cette exercice) les signes envoyés lors de ce fameux lâcher de colombes, on peut faire les observations suivantes :
-tout d'abord, le lieu est très significatif puisqu'il s'agit de la ville de Rome, qui a été fondée en -753 par Romulus, à la suite d'une cérémonie religieuse de consultation augurale par l'observation de 12 vautours.
-ensuite les oiseaux à proprement parler. Les colombes ne font pas de difficulté, elles symbolisent la paix chrétienne, raison pour laquelle le pape a fait procéder à leur lâcher par deux jeunes enfants. En ce qui concerne le corbeau et la mouette, on remarquera que tous deux sont liés solidairement à la lumière, la mouette parce que dans un certain nombre de légendes elle est le premier propriétaire de la lumière du jour, le corbeau parce qu'il apparaît souvent comme celui qui vient délivrer cette lumière que la mouette gardait pour elle, en faisant profiter l'ensemble de l'humanité. On peut ajouter mais c'est assez évident pour des pratiquants de l'Ancienne Tradition européenne que les corbeaux sont les oiseaux d'Odinn, leurs noms signifiant "pensée" et "mémoire".
-enfin, on observera que le pape François lui-même ne dispose pas de très bons signes. La foudre est tombée sur la basilique Saint-Pierre le jour même de la démission de son prédécesseur, Benoît XVI...
Ceux qui sont intéressés par l'approfondissement du symbolisme de la mouette et du corbeau peuvent se reporter au livre de James George Frazer: Mythes sur l'origine du feu.
Archive 2014-2016
Un tremblement de terre n'est pas qu'un tremblement de terre, surtout en Italie
26 août 2016
Le tragique tremblement de terre qui endeuille l'Italie depuis le 24 août ne peut que susciter la compassion et l'aide dans la mesure de ses moyens de tout Européen convaincu. Mais au-delà du drame matériel et humain, un observateur attentif et traditionnel des événements ne peut pas manquer non plus de réfléchir.
Le matérialiste va observer que l'Italie se trouve sur une faille sismique, ce qui explique les tremblements de terre. Il va donc, comme les tenants des religions révélées, invoquer la fatalité. Pour un tenant de l'Ancienne Tradition européenne au contraire, ce genre d'événement malheureusement remarquable ne doit au contraire rien au hasard. La Terre, que les anciens Romains vénéraient en tant que Divinité, notamment sous le nom de Tellus, est vivante et ses tremblements ne peuvent être interprétés autrement que comme des colères. D'ailleurs, si les tremblements de terre sont extrêmement nombreux et destructeurs depuis le Moyen Âge en Italie, il n'en était pas de même dans l'Antiquité, et encore moins dans la lointaine Antiquité. Cela signifie simplement que, pour des raisons qui tiennent au sacré, la Terre, en Italie, est en colère (il en est de même ailleurs mais un sujet à la fois). Elle est en colère parce que depuis l'Antiquité, les hommes qui habitent cette Terre d'Italie étonnamment belle et fertile, pleine de contrastes et de richesses, ne Lui rendent plus hommage. Ils ont abandonné le culte des anciens Dieux, des anciennes Déesses, dont la Terre : ceux-ci font comprendre à ceux qui ont encore la capacité de comprendre qu'Ils sont en colère.
L'Italie n'est pas n'importe quelle partie de l'Europe. Elle est infiniment plus chargée d'Histoire et de puissance tellurique que n'importe quelle autre partie du continent. Des lieux très puissants existent un peu partout en Europe, nul par comme en Italie ils se trouvent concentrés. Nous sommes-là, symboliquement et réellement au coeur de la colonne vertébrale de l'Europe.
Un autre fait doit être pris en compte, la date même du tremblement de terre : 24 août. Ce n'est pas non plus n'importe quelle date. C'est exactement la date de l'éruption du Vésuve en 79 de l'ère présente, qui aboutit à l'ensevelissement sous les cendres et la lave de Pompéi et Herculanum. Cette éruption-là était providentielle : elle a permis au monde d'aujourd'hui de connaître mieux le monde ancien ; le tremblement de terre de la semaine dernière est un avertissement, il n'a rien de positif.
Vous pouvez voir la carte des tremblements de terre en Italie depuis l'Antiquité en allant sur le lien suivant :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/24/seisme-en-italie-deux-mille-ans-de-seismes-dans-la-peninsule-italienne_4987382_4355770.html
Une hache viking n'est pas seulement une hache
5 août 2016
Une hache géante (plus de 20cm de long tout de même!) vient d'être découverte au Danemark. En soi, il ne s'agit que d'une découverte archéologique comme il y en a tant, mais le caractère exceptionnel de l'objet incite à la réflexion.
D'abord, il s'agit d'une hache de guerre, appartenant probablement à un noble puisqu'elle était dans une tombe dans laquelle un homme et une femme manifestement importants ont été enterrés. Le fait que la hache ait été simple et non pas décorée incline les archéologues à dire qu'il ne s'agissait pas d'un objet d'apparat, mais bien d'une hache que l'on utilisait...et certainement pas pour couper du petit bois!
La hache est un objet qui est lié à la foudre, tout comme le marteau de Thorr, qui est sans aucun doute la stylisation nordique d'une hache primordiale. D'ailleurs, il faut noter que la hache, d'abord en pierre, puis en métal, fait partie des armes les plus anciennes que l'on retrouve, avec les flêches et les lances. Il émane de ces armes une aura sacrée que l'on ne retrouve pas dans d'autres plus récentes. C'est une arme assez ambivalente dans la mesure où, comme toutes les armes, elle sert à la fois à protéger et à détruire, comme la foudre et l'orage plus généralement. La hache bipenne (à deux tranchants) est associée à la mystique de l'année cosmique dont elle symbolise les solstices, les passages solaires. Elle est la représentation de l'axe cosmique autour duquel tourne l'année. On comprend alors pourquoi en anglais, hache se dit "ax", en latin "escia". Elle est l'arme par laquelle la Déesse Athéna est sortie du crane de son père Zeus tout puissant. Sur le plan symbolique, elle est donc une arme qui permet la différenciation ou comme on dirait sur le plan psychologique, l'individuation.
La hache trouvée au Danemark ne possède qu'un seul tranchant, c'est donc au sens plein une arme de guerre, et non une arme de rituel. En ces temps troublés, chacun l'interprétera comme il le veut...
http://www.lefigaro.fr/culture/2016/08/03/03004-20160803ARTFIG00183-une-hache-viking-geante-retrouvee-au-danemark.php
Une chute anodine?
28 juillet 2016
En pleine célébration d'une messe au cours des Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne, le pape François a fait une chute anodine, en tout cas pour sa santé.
Mais comme nous le savons, pour qui est un observateur attentif du sacré, rien n'est anodin. Et une chute au cours de la célébration d'un rituel religieux encore moins. En effet, tout rituel religieux est une recherche d'élévation spirituelle, comme en témoigne d'ailleurs l'encens que le Pape était en train de répandre ; sur le plan symbolique, l'encens représente l'élément air, la légèreté, la capacité à s'élever vers les cieux. Mais ce qui s'est concrètement passé, c'est que le pape est tombé à terre ce qui est pour le moins le contraire de l'essence même de tout rituel. Il visait le ciel, il est tombé à terre : tel pourrait être en résumé ce qui s'est passé aux JMJ en Pologne.
L'interprétation de cette chute est assez claire. L'Eglise, qui prétend en permanence détenir le monopole du spirituel, est en réalité une entreprise terrestre de domination et de profit, mais toujours chachée derrière un masque d'hyprocrisie. Ainsi, l'Eglise en Italie propose un masque humanitaire en aidant les migrants qui traversent la Méditerranée à la recherche d'un El Dorado qui n'existe pas, mais l'Etat italien (donc les contribuables) lui versent une certaine somme pour tout migrant aidé. Moyennant quoi la charité se confond avec l'intérêt bien compris...
Hypocrisie, masque humanitaire, prétention spirituelle. Réalité matérielle terrestre.
En politique comme dans la vie en général, la passion religieuse est mauvaise conseillère
14 décembre 2015
Alors que les élections régionales ont apporté leur lot -attendu pour qui n'est pas trop endormi- de fausses surprises et de vraies pesanteurs, mais surtout de déceptions généralisées, il nous faut revenir sur les éléments "religieux" qui ont été mis au premier plan, en particulier dans notre région.
La jeune et (exagérément ?) ambitieuse Marion Maréchal Le Pen s'est en effet signalée entre les deux tours de cette élection par une sortie pour le moins curieuse sur la question des subventions allouées par la région aux associations du planning familial. On pense ce que l'on veut de ces associations, là n'est pas la question, mais il est pour le moins évident que le fait de les attaquer au cours d'une campagne électorale était pour le moins dénué de tout sens politique. Encore une fois, nous ne nous prononçons même pas sur le fond au sujet duquel il y aurait beaucoup à dire, mais uniquement sur la stupidité politique qui émane d'une telle déclaration. Cela étant, si cette déclaration était politiquement absurde, il reste qu'elle a eu lieu, et qu'il convient donc de l'expliquer rationnellement. Plus exactement religieusement.
Une telle déclaration, une fois encore totalement hors de propos dans un contexte politique, n'a pu avoir lieu que parce que la jeune Marion est en fait une catholique extrémiste et que l'extrémisme religieux ne fait jamais bon ménage avec la politique, du moins avec la politique sérieuse. Les illuminés, quant ils se fourvoient dans le milieu de la politique sérieuse, apparaissent assez rapidement, sous l'effet de la pression médiatique, pour ce qu'ils sont : des incapables. C'est son cas.
On a eu de multiples illustrations de ce phénomène entre l'automne 2012 et le printemps 2013 avec les pathétiques manifestations de la "manif pour tous". Voila un mouvement de fond de la société française, capable de rassembler des centaines de milliers de personnes, mais incapable d'empêcher le simple vote d'une loi. Il leur fallait faire de la politique sérieuse pour mettre en danger le gouvernement, ils ont préféré prier et mettre leurs enfants en première ligne devant les forces de l'ordre, et parfois les harceler sans aucun résultat. On a beau le savoir, la stupidité chrétienne est insondable. La passion religieuse n'a rien de commun avec le sec pragmatisme de la politique. On peut alors refuser la politique, ce qui est le fond de la doctrine chrétienne qui est essentiellement une doctrine de refus du monde. Cette position est respectable par sa cohérence. Mais si l'on veut entrer en politique, les passions religieuses doivent être rangées à leur place, dans le domaine privé. Tout autre attitude n'est que schyzophrénie et incompétence.
Quelles que soient ses convictions, et il n'y a pas de raison de douter de leur sincérité, elle aurait du avoir la sagesse de les garder pour elle. Elle ne l'a pas fait. Même si ce n'est certainement pas cela uniquement qui explique sa défaite du second tour, personne ne peut être assez naïf pour ne pas comprendre que cela y a contribué.
Un tel aveuglement pourrait être mis sur le compte de la jeunesse mais précisément, une jeune personne de 25 ans devrait sur ce genre de sujet faire preuve d'un peu de retenue et de modestie. Modestie et sagesse, c'est ce que l'on peut souhaiter à toutes les personnalités politiques, la jeune Marion en est bien loin. Pour l'instant c'est l'extrémisme gratuit et l'aveuglement qui la caractérisent. Les Grecs appelaient cela l'hybris et ils avaient compris que cet aveuglement était particulièrement dangereux.
Les Dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre...
On ne plaisante pas avec un aigle même quand on est au Capitole
10 décembre 2015
Dernièrement, un grand intellectuel comme seuls les Etats-Unis savent en produire, Donald Trump, s'est mis en évidence en prônant l'interdiction du territoire américain pour les musulmans. Ce n'est pas cette grotesque sortie médiatique qui va nous intéresser puisque nous essayons de voir au-delà des apparences, ce qui est vraiment important sur le plan des symboles.
Ce que les médias du monde entier n'ont pas beaucoup relevé, c'est qu'au cours d'une séance photo qui a eu lieu en août, il s'est mis lui-même en danger avec ce à quoi il aspire : le pouvoir suprême. En effet, au cours de la séance qui se déroulait avec une espèce d'aigle qui symbolise les Etats-Unis, le Pygargue à tête blanche, un incident étrange s'est produit. Cet animal majestueux, symbole de la souveraineté dans toutes les traditions européennes (et bien d'autres), est le seul animal à pouvoir regarder le soleil en face. Animal solaire, il est l'emblême de ceux qui détiennent le pouvoir légitime. Roi des oiseaux, il est le symbole des rois et des détenteurs du pouvoir en général. Pindare écrivait que l'aigle "dort sur le sceptre de Zeus" dont il est le messager en ce sens qu'il fait connaître la volonté du Dieu suprême aux hommes.
L'animal avait beau être apprivoisé, le miliardaire prétentieux n'a pas cru bon de le respecter. Alors que l'Aigle, parfaitement dressé, se tenait à son poignet comme son maître le lui demandait, on le voit essayer de jouer avec l'Aigle mais ce dernier n'est pas de cet avis : il tente de l'attaquer, ou plus exactement de le tenir à distance. Le message est pour nous assez clair : s'il avait eu l'intelligence et le respect nécessaire pour lui-même maintenir une certaine distance avec le Roi des oiseaux, il aurait mérité que celui-ci se prête à la pantomime qu'il était en train d'exécuter pour le compte de la société médiatique.
Mais précisément, ivre de la toute puissance ridicule dont l'argent peut donner l'illusion, il a cru bon de vouloir jouer avec l'Aigle. Mais on ne joue pas avec la souveraineté et ses symboles, faute de quoi celle-ci se retourne contre celui qui ne la prend pas au sérieux. Cette attitude est bien décrite par Eschyle dans Les Perses, pièce dans laquelle le roi des Perses Xerxès, aveuglé par l'hybris, par le sentiment de toute puissance, perd son combat contre les Grecs qui eux, respectent et incarnent la souveraineté virile et olympienne de Zeus. A trop manquer de modestie, on finit toujours par tomber sur le grain de sable qui fait capoter la machine. Le grain de sable de Xerxès et de sa prétention à vouloir soumettre toute la Grèce a été l'alliance des Grecs et leur courage à un contre dix.
Peut-être qu'il accèdera à la responsabilité suprême qui le fait rêver, mais nul doute que Donald Trump trouvera son grain de sable. Peut-être même et sans doute que ce grain de sable arrivera au moment où tout lui sourit. Les Anciens le savaient : "la roche tarpéienne et proche du Capitole".
Vous pourrez voir la vidéo de l'épisode sur :
http://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/donald-trump-se-fait-attaquer-par-un-aigle-lors-dune-seance-photo-3905908
Joyeux Solstice à tous !
7 décembre 2015
Alors que nous sommes entrés depuis une semaine dans le cylce du solstice, nous en profitons pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de solstice d'hiver.
Que la paix et l'harmonie règnent dans vos coeurs et dans vos familles.
Puisse cette période vous apporter la clairvoyance et le sens du sacré à l'oeuvre dans le mouvement éternel du cosmos.
Encore un mauvais présage pour l'Eglise catholique
4 mai 2014
Loin de nous une quelconque obsession anti-chrétienne. Cela n'aurait aucun sens parce que si le christianisme s'est souvent défini contre les polythéistes, et continue à le faire à travers les sectes protestantes ou l'Eglise catholique en Inde, il va de soi que notre Tradition existait bien avant le judaïsme réformé qui a donné lieu au christianisme. Ante chrétiens de fait, comme toutes les authentiques religions traditionnelles, nous ne saurions être anti quoi que ce soit.
Il faut bien admettre toutefois qu'alors que l'Eglise catholique s'est excusée auprès d'à peu près la terre entière pour les massacres à l'origine desquels elle a été, il ne nous semble pas qu'une quelconque reconnaissance -ne parlons même pas d'excuses, elles sont toujours hypocrites- des massacres des tenants européens de la plus Ancienne Tradition, massacres qui ont duré dans certaines parties de l'Europe au moins jusqu'à la fin du Moyen Age. De fait, tout polythéiste qui n'est pas totalement aveugle et sourd et au surplus dénué de toute connaissance historique ne peut qu'avoir un regard relativement méfiant à l'égard d'une religion qui a tenté (et pratiquement réussi) de faire disparaître l'Ancienne Tradition Européenne. En tout, cas, nous sommes des observateurs attentifs de ce qui se passe, d'un point de vue symbolique et traditionnel autour de l'Eglise.
Comme chacun sait, le 27 avril dernier a été l'occasion de la double canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II. Outre l'originalité d'une double canonisation papale, la cérémonie avait l'autre particularité d'être concélébrée par le pape actuel, François, et le pape émérite, Benoît XVI. On ne reviendra pas sur la marée humaine, les scènes de liesse, etc. que tous les médias ont rapporté. On reviendra plutôt sur ce que tous les observateurs auraient noté en priorité dans le monde de la Tradition, mais qui est évidemment resté au second plan dans le monde médiatique.
En effet, trois jours seulement avant la canonisation, un jeune homme de 20 ans est mort écrasé par la chute d'une croix monumentale de 30 m de hauteur, réalisée en 1998 à l'occasion de la visite de Jean-Paul II à Brescia (Lombardie) et qui en 2005 avait été déplacée dans les montagnes de la Val Camonica, à 1200 m d'altitude, endroit où le malheureux jeune homme a trouvé la mort. Elément encore plus troublant, le jeune homme habitait...rue Jean XXIII !
Plusieurs éléments devraient être analysés par tout observateur du fait religieux. D'une part, ce n'est pas la première fois qu'un signe aussi néfaste est observable depuis l'accession au trône pontifical du pape François. On ne peut ici que renvoyer à l'article plus ancien à propos de "l'attaque des colombes" par l'alliance d'une mouette et d'un corbeau lors d'une cérémonie en faveur de la paix. Ensuite, il faut remarquer que les deux papes canonisés ce 27 avril sont liés, d'une manière ou d'une autre à l'accident tragique que l'on relatait. Le jeune homme vicitime de l'accident était lui-même non un simple touriste, mais un catholique fervent, qui s'était rendu avec un groupe catholique, en excursion précisément sur ce site du fait de la présence de cette croix gigantesque dédiée à Jean-Paul II.
On doit aussi insister sur le lieu de l'accident. La Val Camonica, site montagneux grandiose du Nord-Est de la Lombardie, est célèbre pour la quantité et la qualité des dessins rupestres que l'on peut y trouver, un peu comme en France le Parc du Mercantour. Là, comme dans le Mercantour, règnent des esprits beaucoup plus anciens que vous et nous, et probablement certains des témoignages les plus anciens de la spiritualité européenne. Des esprits et des puissances que l'on ne peut approcher qu'avec respect ; pas en leur imposant des croix monstrueuses qui défigurent le paysage et sont autant d'insultes à la sacralité des lieux. Les chrétiens, par ignorance, mépris et suffisance, pensent consacrer à leur Dieu les montagnes en y érigeant des croix. Ils ne font que s'attirer sur eux la colère des esprits et des puissances qui y règnent, parmi les derniers lieux où l'homme doit encore rester modeste étant données ses chances de survies en altitude... C'est un innocent qui a payé pour cette bêtise, un jeune italien, un jeune européen, symbole malheureux de la jeunesse européenne dont la tâche spirituelle est de se libérer du fardeau de la croix qui pèse sur ses épaules, avant qu'elle puisse enfin vivre sa véritable spiritualité ancestrale.
Signes, présages, augures et autres manifestations du divin
Lu sur le site www.lefigaro.fr le 27 janvier 2014 (Lâchées pour la paix en Ukraine, les colombes du pape attaquées dans le ciel romain):
"Les superstitieux verront sans nul doute dans cet aléa de la vie sauvage un mauvais présage quant à l'évolution des événements en Ukraine. Deux colombes, symboles de la paix, ont été lâchées dimanche du balcon du palais apostolique de la place Saint-Pierre par deux enfants, lors de la prière dominicale du pape François. Dans une scène qui a fait le tour du monde, les volatiles ont été attaqués, dès le départ du Saint-Père et des enfants, par un goéland et un corbeau. La colombe aux prises avec le goéland a réussi à se dégager en perdant quelques plumes au passage. Mais sa comparse malmenée par le corbeau a dû subir plusieurs coups de bec avant d'échapper à son prédateur". L'article se termine ainsi: "Le duel aérien entre les colombes et leurs assaillants a marqué les esprits. «Si quelque chose de terrible survient, on ne pourra pas dire qu'il n'y avait pas des signes avant-coureurs», commente leNew York Magazine qui titre «Des oiseaux de toute évidence diaboliques attaquent les colombes pacifiques du Pape»".
On se doute que le journaliste américain qui parle "des oiseaux de toute évidence diaboliques" le fait pour plaisanter, de même que l'idée d'un "mauvais présage" de l'article français. En tout cas, cela nous donne l'occasion de clarifier un point particulièrement important de l'Ancienne Tradtion européenne. Pour nous polythéistes européens, les signes, présages, augures et autres manifestations naturelles de la divinité font partie intégrante de la relation entre l'homme et le divin. Au contraire de toutes les religions monothéistes qui condamnent avec la plus grande violence les pratiques divinatoires quelles qu'elles soient, l'Ancienne Tradition européenne a toujours eu recours à cette partie certes assez étrange de ce que l'on pourrait appeler la science sacrée.
Il n'est pas besoin de rappeler dans les détails (on le fera dans un prochain billet) que les Romains pratiquaient la science augurale par l'observation attentive du vol des oiseaux ou de leur comportement (ils auraient été gâtés dans ce cas!), que les Germains pratiquaient la divination par les Runes, les Celtes par les Oghams et que les Grecs consultaient les Pythies dans les sanctuaires d'Apollon. Toutes ces pratiques procèdent de la même croyance dans la possibilité d'établir un contact direct avec la divinité et sa volonté par le biais de ses manifestations naturelles. C'est une des différences essentielles entre notre Tradition et les religions monothéistes qui ne visent pas à une communauté entre les hommes et les dieux, mais à une soumission des hommes à un dieu unique.
Si l'on examine (avec la prudence requise par cette exercice) les signes envoyés lors de ce fameux lâcher de colombes, on peut faire les observations suivantes :
-tout d'abord, le lieu est très significatif puisqu'il s'agit de la ville de Rome, qui a été fondée en -753 par Romulus, à la suite d'une cérémonie religieuse de consultation augurale par l'observation de 12 vautours.
-ensuite les oiseaux à proprement parler. Les colombes ne font pas de difficulté, elles symbolisent la paix chrétienne, raison pour laquelle le pape a fait procéder à leur lâcher par deux jeunes enfants. En ce qui concerne le corbeau et la mouette, on remarquera que tous deux sont liés solidairement à la lumière, la mouette parce que dans un certain nombre de légendes elle est le premier propriétaire de la lumière du jour, le corbeau parce qu'il apparaît souvent comme celui qui vient délivrer cette lumière que la mouette gardait pour elle, en faisant profiter l'ensemble de l'humanité. On peut ajouter mais c'est assez évident pour des pratiquants de l'Ancienne Tradition européenne que les corbeaux sont les oiseaux d'Odinn, leurs noms signifiant "pensée" et "mémoire".
-enfin, on observera que le pape François lui-même ne dispose pas de très bons signes. La foudre est tombée sur la basilique Saint-Pierre le jour même de la démission de son prédécesseur, Benoît XVI...
Ceux qui sont intéressés par l'approfondissement du symbolisme de la mouette et du corbeau peuvent se reporter au livre de James George Frazer: Mythes sur l'origine du feu.
Spiritualité guerrière, "jihad", christianisme : une explication des départs de jeunes Français pour la Syrie
29 janvier 2014
Le monde médiatique et politique bruisse depuis quelques jours de la nouvelle du départ de quelques adolescents pour la Syrie et du phénomène autrement plus vaste des centaines de jeunes Français musulmans d'origine ou convertis à l'Islam pour combattre en Syrie au côtés des groupes jihadistes contre l'armée syrienne.
Si l'on se place du point de vue de l'observation du fonctionnement médiatique, on ne peut qu'être frappé par l'étrange bienveillance dont font l'objet les jeunes lycéens partis pour la Syrie et rattrapés en Turquie : il ne faut pas les condamner, ni les juger, il faut les comprendre, etc.
La palme de ce discours lénifiant et totalement irresponsable revient sans nul doute au proviseur du lycée des deux jeunes toulousains arrêtés en Turquie, qui a pontificalement déclaré qu'ils étaient des "victimes" et qu'il n'avait bien sûr "rien vu venir" et que bien sûr, il allait les réintégrer sans conditions et "sans les juger". On rappellera simplement qu'en matière de terrorisme -puisqu'il s'agit de cela- les victimes sont ceux qui se font tuer, et non ceux qui s'engagent pour aller tuer. Personne, naturellement, ne se pose la question des relations qui pourraient exister entre l'Islam et la guerre et personne n'aborde la question de fond qui est celle des rapports pouvant exister entre spiritualité et combat.
Personne ne se pose la question parce que l'influence consciente ou inconsciente de la vision chrétienne de la guerre a obscurci les consciences européennes. Il est clair que le christianisme condamne le phénomène de la guerre sans concessions. Toute la doctrine chrétienne depuis le Christ lui-même est cohérente de ce pointe de vue. Il s'agit d'une religion d'amour et de paix. Le fait que par ailleurs un nombre incalculable de guerres ait été mené par les chrétiens et parfois même au nom de la défense de la foi est une autre question : ce n'est qu'une illustration du caractère fondamentalement irréaliste de cette religion et de son absence d'ancrage dans la réalité, cela ne remet pas en cause ses principes qui sont ceux d'une hostilité radicale à l'égard du phénomène guerrier.
Cette opposition importante entre christianisme et mentalité guerrière est flagrante au Moyen Age. A partir de coutumes germaniques, prévoyant le recours à la vengeance privée, s’était développé au début du Moyen Age la guerre privée, faite par les seigneurs locaux. Du fait des solidarités familiales très fortes existant à cette époque, les guerres privées engageaient de plus en plus de monde, y compris les vassaux, clients, dépendants, etc. Ces conflits ont des conséquences très douloureuses pour les populations, qui se réfugient souvent dans les monastères ou les édifices religieux. La violence contredisait évidemment l’idéal de paix chrétien. Dès le Xe siècle, différentes institutions émergent : la paix de Dieu est l’idée imposée par des Evêques du Sud de la France selon laquelle les non-belligérants doivent être épargnés par les guerriers, et qu’ils ont droit à des territoires de sûreté, les sauvetés. L’Eglise protège particulièrement les membres du clergé, les biens de l’Eglise et des paysans, les voyageurs, les femmes ; la sanction pour non respect de cette paix est redoutable : l’excommunication. Cette institution générale est accompagnée par des mesures plus ponctuelles, locales. Les serments de paix apparaissent ainsi vers 1020-1030 au niveau des diocèses. Les Evêques les font rédiger pour interdire l’attaque des clercs, des lieux d’asile, des pauvres… Une fois le serment prêté, son non-respect entraîne l’excommunication. Les Evêques s’efforcent de faire prêter le serment à tous les fidèles du diocèse afin d’imposer une certaine paix (on en a des exemples en particulier à Beauvais, Soissons, etc.). La trêve de Dieu apparaît au Concile de Perpignan en 1027. Les Evêques décident d’interdire les hostilités certains jours. Le Dimanche en premier lieu, mais également pendant périodes de l’Avent, du Carême, de Pâques. Evidemment, des sanctions pesaient sur ceux qui ne respectaient pas ces périodes de trêve, qui se sont imposées dans toute l’Europe. Les règles de la trêve de Dieu sont même généralisées et codifiées lors du Concile de Clermont en 1095. Ce Concile est fondamental, puisque le Pape y prêche la première croisade. Ainsi, face au guerrier sans foi ni loi, l’Eglise inventait le personnage du chevalier chrétien, bienfaisant, juste, qui met son épée au service des faibles, …et de l’Eglise. La mentalité aristocratique, en contradiction avec le christianisme, était finalement récupérée par celui-ci, mais au prix de l’exportation de la guerre !
En fait, tant que les Européens restaient suffisament virils et -de fait- païens en profondeur, ils ont continué à faire la guerre, et d'abord à se la faire entre eux, avant d'entrer dans le cercle vicieux de la colonisation. Mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et pour la France de la guerre d'Algérie, une période de paix sans précédent dans l'histoire de l'Europe a entraîner une dévirilisation très nette des populations et donc une pénétration en profondeur (ce n'était que superficiel jusque-là) de la conception chrétienne de la paix, conçue comme universelle et éternelle. Désormais, le principe de la condamnation de la violence est partagé par la grande majorité de nos contemporains européens.
Mais on ne contrôle pas les instincts et l'instinct guerrier est un instinct au même titre que l'instinct maternel. Si un certain nombre de jeunes européens se tournent vers l'Islam, et notamment un Islam radical, ce n'est pas seulement parce qu'une sorte de lieu commun voudrait que les plus extrémistes des religieux soient les convertis. C'est aussi parce que dans le monde actuel, seule cette religion (avec l'indouisme et le shintoïsme mais elles sont moins accessibles) propose une vision à la fois spirituelle et guerrière. De notre point de vue, il s'agit d'une spiritualité guerrière de très bas niveau fondée en réalité sur la peur, mais il n'empêche qu'en apparence cette spiritualité propose une voie guerrière.
Spiritualité de très bas niveau car fondée sur la peur dans la mesure où en général, les jeunes qui partent pour le "jihad" sont des paumés. Dans leur cas, il ne s'agit pas d'abandonner une vie réussie pour aller mourir héroïquement mais d'abandonner une vie vide de sens pour aller à l'aventure. Ce n'est pas un dépassement par le haut, mais une fuite par le bas. Parlons également de leur "récompense" qui est présentée dans le Coran, Sourate 55, versets 46 à 78. Il s'agit des fameuses vierges mais aussi de biens matériels et d'une ambiance de luxe (tapis épaix, jardins luxuriants, nourriture à profusion). A vrai dire, rien qui ne détonne avec les fantasmes les plus ridicules d'un joueur de foot ou d'une vedette médiatique ou d'un miliardaire arabe obèse. Une spiritualité de plébéien, engluée dans la matière et servant de diversion à la misère affective et sexuelle de la plupart des jeunes musulmans, contraints par leur religion de traiter les femmes comme des prostituées ou comme des mères, sans alternative.
D'un tout autre niveau est la Tradition européenne. Il existe de toute éternité chez les Européens une attitude équilibrée à l'égard de la violence dans la mesure où notre spiritualité est triple, trifonctionnelle si l'on veut. Tous les peuples européens ont en commun une structure religieuse reposant sur la triple caractéristique de l'accord entre le mystique (1e fonction), le guerrier (2e fonction) et le producteur (3e fonction). Chaque personne, en fonction de son hérédité, mais également de sa nature intérieure, peut avoir une spiritualité de prêtre, de guerrier ou de producteur (artisan, paysan, etc.). Il y a donc bien dans l'Ancienne Tradition une spiritualité guerrière, fondée sur la pratique des arts martiaux (que l'on peut comparer à la tradition japonaise) mais aussi sur la pratique de rituels religieux initiatiques au sein de confréries martiales. Les exemples que l'on connaît le mieux sont celui des Germains avec les guerriers-loups ou les guerriers-ours et également celui des Romains avec les primipilaires et les évocats. Les exemples ne manquent pas également chez les Celtes et les Grecs avec les myrmidons.
A ces guerriers initiés on ne promettait pas des vierges au paradis ni des tapis moelleux et des smartphones avec connexion illimitée : simplement l'immortalité, la certitude qu'ils ne seraient pas oubliés par leur peuple s'ils mouraient au combat pour le défendre. D'une certaine manière, l'érection de monuments aux morts dans tous les villages de France après 1918 a été une forme de continuité avec cette tradition-là.
Que les jeunes Français sortent de l'aliénation mentale chrétienne en allant pratiquer un art martial et qu'ils le fassent dans l'idée de s'élever spirituellement, en comprenant leur fonctionnement intérieur, au lieu de rêver de façon absurde à une "guerre sainte" qui n'est rien d'autre qu'un pathétique dérivatif pour primates aliénés englués dans la modernité.
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